Dans cet article, nous expliquons de manière simple comment un soutien orthomoléculaire du système immunitaire peut fonctionner dans le traitement du cancer, quels micronutriments jouent un rôle et ce que disent les études scientifiques à ce sujet.

Système immunitaire et traitement du cancer – pourquoi un système immunitaire fort est important

Un système immunitaire performant joue un rôle important à chaque phase du traitement du cancer. D’une part, c’est notre défense naturelle contre les maladies : le système immunitaire reconnaît et détruit constamment les cellules endommagées, y compris les cellules cancéreuses dégénérées.

D’autre part, les patients atteints de cancer sont fortement affectés par la maladie elle-même et par les thérapies agressives telles que la chimiothérapie et la radiothérapie – un système immunitaire robuste aide à combattre les infections et à soutenir le corps dans sa régénération.

Les immunothérapies modernes en oncologie misent même spécifiquement sur le système de défense de l’organisme pour combattre les cellules tumorales. Cependant, si le système immunitaire est affaibli (par exemple, en raison d’une malnutrition ou de la thérapie), la sensibilité aux infections augmente et le corps peut moins bien se remettre des opérations ou des traitements.

 

Les approches complémentaires visent donc à atténuer les effets secondaires de la thérapie conventionnelle et à renforcer le système immunitaire. On essaie ainsi d’améliorer la qualité de vie et de rendre les patients plus résistants.

Important : Il ne s’agit pas d’une « guérison miracle » non spécifique par des immunostimulants. Il s’agit plutôt d’aider le corps, par des mesures ciblées, à fonctionner normalement et à mieux faire face aux difficultés de la thérapie contre le cancer. C’est là qu’intervient la médecine orthomoléculaire, en compensant spécifiquement les déficits en substances vitales et en fournissant à l’organisme les micronutriments nécessaires.

Les micronutriments assument des fonctions clés à chaque phase de la défense immunitaire. Des études montrent que de nombreuses vitamines et oligo-éléments influencent positivement différentes composantes de la réponse immunitaire innée et adaptative.

Le chevauchement des domaines d’action (voir illustration) souligne que plusieurs micronutriments sont généralement nécessaires ensemble pour que le système immunitaire puisse fonctionner de manière optimale.

 

Qu’entend-on par médecine orthomoléculaire ?

La médecine orthomoléculaire a été fondée par Linus Pauling, double lauréat du prix Nobel. Son objectif : maintenir la santé et influencer positivement les maladies grâce à des concentrations optimales de nutriments.

Des vitamines, des oligo-éléments, des minéraux, des acides gras essentiels, des acides aminés et des substances végétales secondaires sont utilisés. En médecine anticancéreuse, cela signifie surtout compenser les états de carence qui surviennent fréquemment au cours de la maladie ou de la thérapie.

Les maladies tumorales (et leur traitement) entraînent souvent une augmentation de la consommation de certains nutriments, tandis que l’absorption par l’alimentation peut diminuer simultanément. Une carence en substances vitales contribue par exemple au syndrome de cachexie cancéreuse – la perte de poids et la perte de force provoquées par le cancer.

Ce syndrome ne se contente pas de détériorer l’état général, mais diminue également la réponse à la chimiothérapie et à la radiothérapie et renforce leurs effets secondaires.

La médecine orthomoléculaire intervient ici en améliorant l’état nutritionnel et en augmentant ainsi à la fois la tolérance à la thérapie et en soutenant les défenses de l’organisme.

 

Important à savoir : l’évaluation scientifique de la médecine orthomoléculaire n’est pas uniforme.

Bien qu’il existe de nombreuses études et rapports de cas sur les vitamines et autres en oncologie, tous ne répondent pas aux critères d’évidence les plus stricts. Certaines études antérieures ont même soulevé la question de savoir si des antioxydants à forte dose pourraient atténuer les traitements contre le cancer.

Ces études étaient toutefois méthodologiquement controversées ; des études plus récentes, correctement menées, ne montrent aucun effet néfaste, mais au contraire des avantages additifs significatifs de l’administration de micronutriments.

En d’autres termes : une thérapie orthomoléculaire d’accompagnement peut soutenir l’efficacité de la thérapie contre le cancer – à condition qu’elle soit réalisée de manière compétente et individuelle. La condition préalable est toujours une concertation étroite avec les oncologues traitants et l’évitement d’expériences personnelles risquées.

 

Micronutriments centraux pour le système immunitaire dans le traitement du cancer

Quelles sont les substances vitales particulièrement importantes pour renforcer le système immunitaire des patients atteints de cancer et pour soutenir le corps pendant la thérapie ? Nous donnons ci-dessous un aperçu de quelques micronutriments centraux et résumons les connaissances scientifiques sur leur effet sur le cancer.

Il s’agit notamment d’oligo-éléments comme le sélénium et le zinc, de vitamines comme la vitamine C, la vitamine D et les vitamines B, ainsi que d’importantes substances végétales secondaires comme la curcumine (issue du curcuma) et d’autres polyphénols.

 

  • Sélénium

Le sélénium est un oligo-élément indispensable à la fonction immunitaire et aux mécanismes de protection antioxydants. Il est nécessaire dans des enzymes importantes (glutathion peroxydases) qui neutralisent les radicaux libres et protègent ainsi les cellules contre les dommages.

Sous thérapie oncologique – par exemple, lors d’une chimiothérapie avec des préparations à base de platine – les besoins en sélénium semblent être accrus. Des études montrent qu’une supplémentation en sélénium (par exemple, sélénite de sodium) peut atténuer significativement différents effets secondaires de la thérapie contre le cancer.

Ainsi, une étude de synthèse a fait état d’une diminution des inflammations des muqueuses (mucosite), d’une diminution moins importante de la chute des globules blancs (leucopénie) ainsi que de moins de nausées, d’anémie et de fatigue sous administration de sélénium. Parallèlement, la fonction hépatique et rénale s’est améliorée, sans que l’effet principal de lutte contre le cancer de la chimio- ou radiothérapie ne soit affecté.

Le sélénium a donc un effet protecteur sur les cellules saines (par exemple, le cœur et les reins lors de chimiothérapies avec des anthracyclines ou du cisplatine) et soutient le système immunitaire, sans protéger les cellules tumorales.

Un statut sélénium suffisant n’est pas garanti chez de nombreux patients atteints de cancer – une maladie tumorale et une malnutrition peuvent faire baisser le taux de sélénium. Les données disponibles suggèrent qu’une carence en sélénium est associée à des évolutions moins bonnes, tandis qu’un apport dans la plage supérieure de la normale pourrait être avantageux.

La bonne dose est ici importante : dans les études, des doses parfois plus élevées de sélénite ont été utilisées, qui ne doivent être prises que sous surveillance médicale.

Dans l’ensemble, les preuves actuelles suggèrent que le sélénium est l’un des oligo-éléments les plus importants en oncologie complémentaire pour réduire les effets secondaires et renforcer les défenses immunitaires.

 

  • Vitamine D

La vitamine D – la « vitamine du soleil » – a une importance considérable pour le système immunitaire et le métabolisme cellulaire. La vitamine D contribue à la fonction normale des cellules immunitaires (comme les cellules T et les macrophages) et régule les processus anti-inflammatoires et pro-inflammatoires. Chez les patients atteints de cancer, on trouve particulièrement souvent une carence prononcée en vitamine D.

Dans une étude, 59 % des patients atteints d’un cancer de l’intestin étaient déficitaires en vitamine D, contre environ 15 % de la population générale ; un faible taux était associé à un pronostic moins bon.

Les preuves scientifiques concernant la vitamine D en oncologie ont considérablement augmenté ces dernières années. Plusieurs grandes méta-analyses d’études randomisées montrent qu’une administration quotidienne de vitamine D3 peut réduire la mortalité par cancer d’environ 12 %. Cet effet s’est produit surtout en cas de prise quotidienne, et non à intervalles à forte dose.

L’avantage était également le plus important chez les personnes de plus de 70 ans et lorsque l’administration de vitamine D avait commencé avant le diagnostic.

Important : La vitamine D ne peut probablement pas empêcher une maladie cancéreuse, mais elle peut éventuellement améliorer la survie et les succès thérapeutiques.

Il existe également des indications d’avantages pour certains types de tumeurs : les patientes atteintes d’un cancer du sein ou les patients atteints d’un cancer de l’intestin ou de lymphomes agressifs avaient un meilleur pronostic dans les études d’observation si leur taux de vitamine D était plus élevé. Il est donc recommandé de vérifier impérativement le statut de la vitamine D en cas de ces diagnostics et de remédier spécifiquement à une carence.

Dans la pratique, cela signifie souvent la prise de gouttes ou de capsules de vitamine D3 pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’un taux sanguin suffisant soit atteint. Une valeur cible optimale dans le sérum est généralement indiquée dans la plage de 30 à 50 ng/ml de 25(OH)vitamine D3, selon la directive.

La vitamine D est considérée comme sûre à une dose appropriée ; les surdosages sont à éviter, mais sont rares en cas de supplémentation raisonnable. En résumé, un bon apport en vitamine D peut être considéré comme un élément important pour renforcer le système immunitaire des patients atteints de tumeurs et éventuellement influencer positivement l’évolution de la maladie.

 

  • Vitamine C

La vitamine C (acide ascorbique) est un antioxydant central de l’organisme et soutient de nombreuses fonctions immunitaires. Elle augmente par exemple l’activité des cellules phagocytaires et des cellules tueuses naturelles et protège les tissus contre le stress oxydatif causé par les radicaux libres.

La vitamine C est très controversée dans le traitement du cancer, car la vitamine C à forte dose peut endommager sélectivement les cellules tumorales lors d’expériences en laboratoire, alors qu’elle est bien tolérée par les cellules normales. Toutefois, les preuves issues d’études cliniques sont encore limitées. Que disent les données actuelles ?

Pour les doses modérées en tant que complément alimentaire, il existe des nouvelles rassurantes : une évaluation chez des patientes atteintes d’un cancer du sein n’a révélé aucun inconvénient d’une prise de vitamine C à partir du diagnostic – au contraire, les résultats ont même suggéré un avantage global et spécifique au cancer du sein en termes de survie.

Il était toutefois important que la dose reste dans un cadre raisonnable : il ne faut pas prendre plus de 500 mg/jour sans autre forme de procès, car des doses très élevées pourraient théoriquement affecter l’efficacité de la chimio- ou radiothérapie.

La vitamine C à des doses normales de supplément (par exemple, 200 à 500 mg par jour) est en revanche considérée comme sûre et a été associée à de meilleurs résultats dans l’étude mentionnée.

La situation est différente avec la vitamine C à haute dose perfusée : dans ce cas, 7,5 à 30 grammes d’acide ascorbique sont administrés par voie intraveineuse. Certains oncologues de la médecine complémentaire l’utilisent pour lutter contre la fatigue (épuisement chronique) – avec un écho positif de la part des patients.

En fait, de nombreuses personnes concernées signalent que la vitamine C à haute dose iv. améliore leur énergie et leur qualité de vie. Toutefois, il manque jusqu’à présent de grandes études randomisées qui prouvent clairement un avantage. L’administration simultanée de vitamine C à haute dose pendant une chimiothérapie est également controversée et n’est pas généralement recommandée.

Certains experts conseillent de n’administrer les perfusions qu’avec un certain décalage par rapport à la chimiothérapie (par exemple, quelques jours d’intervalle) afin d’éviter d’éventuelles interactions. La prudence est donc de mise et un conseil médical individuel est indispensable.

En résumé : La vitamine C est un nutriment immunitaire important ; en quantités normales, elle soutient les défenses et ne nuit pas – en revanche, en cas de doses extrêmes, il faut soigneusement peser le pour et le contre et n’agir qu’en concertation avec des spécialistes.

 

  • Zinc

Le zinc fait partie des oligo-éléments essentiels et est impliqué dans plus de 300 réactions enzymatiques dans le corps – dont beaucoup sont essentielles pour le système immunitaire. Le zinc est par exemple nécessaire à la maturation des cellules immunitaires (lymphocytes T), à la production d’anticorps et de cytokines et à la cicatrisation.

Une carence en zinc entraîne une diminution des performances de défense et augmente la sensibilité aux infections ; même une légère carence en zinc peut entraîner plus fréquemment des infections, comme le montrent des études sur différents groupes de population.

Chez les patients atteints de cancer, un déficit en zinc n’est pas rare – au contraire, des études plus récentes suggèrent qu’une carence en zinc peut survenir dans pratiquement tous les types de tumeurs.

Une étude de synthèse israélienne récente a révélé qu’une carence en zinc chez les personnes atteintes de cancer est corrélée à la gravité de la maladie et aux taux de survie. En d’autres termes : de faibles taux de zinc étaient souvent associés à des évolutions plus agressives et à un pronostic moins bon.

Il est à noter que le zinc a montré des effets directs d’inhibition tumorale lors d’expériences en laboratoire et sur des animaux – l’étude de synthèse mentionnée fait état d’une cytotoxicité surprenante envers les cellules cancéreuses, sans endommager les cellules saines.

Cet effet a été observé sur différents types de cancer. Bien entendu, de tels résultats doivent être interprétés avec prudence, mais ils soulignent l’importance potentielle du zinc. L’auteur de l’étude recommande de veiller à un apport suffisant en zinc chez tous les patients oncologiques et, le cas échéant, de supplémenter le zinc.

Dans la pratique, le zinc (généralement sous forme d’histidine de zinc, d’orotate de zinc, etc.) est souvent administré à des doses de 25 à 50 mg par jour en cas de carence. Les avantages typiques du zinc en oncologie complémentaire sont l’amélioration de la cicatrisation (par exemple, après des opérations), le soutien des muqueuses (par exemple, en cas de mucosite ou après une radiothérapie) et l’augmentation générale de la défense contre les infections.

Le zinc peut prévenir ou atténuer les troubles du goût (un effet secondaire fréquent de la chimiothérapie), car le zinc est important pour la régénération des papilles gustatives.

Dans l’ensemble, le zinc est considéré comme sûr et bien toléré, à condition de ne pas prendre plus de 50 mg par jour (des doses extrêmement élevées pendant une période prolongée pourraient déséquilibrer d’autres oligo-éléments comme le cuivre).

Un statut de zinc peut être déterminé dans le sérum ou le sang total ; en cas de carence manifeste, il convient de substituer. Le zinc est donc un autre facteur clé pour un système immunitaire fort dans le traitement du cancer – les données disponibles soutiennent au moins l’approche consistant à éviter absolument une carence.

 

  • Vitamines B

Les vitamines B forment tout un groupe de huit vitamines hydrosolubles (B1, B2, B3, B5, B6, B7, B9, B12) qui coopèrent étroitement entre elles dans le métabolisme. Elles sont surtout indispensables à la production d’énergie dans les cellules, à la fonction nerveuse et à la formation du sang.

En oncologie, la vitamine B1 (thiamine), la vitamine B6 (pyridoxine), l’acide folique (B9) et la vitamine B12 (cobalamine) sont particulièrement intéressantes. Pourquoi ? D’une part, certaines chimiothérapies peuvent augmenter les besoins en vitamines B ou perturber leur utilisation (le méthotrexate bloque par exemple le métabolisme de l’acide folique, c’est pourquoi un sauvetage à l’acide folique est nécessaire).

D’autre part, de nombreux patients atteints de cancer souffrent d’une perte d’appétit ou d’une malnutrition, ce qui peut entraîner des déficits en vitamines B.

La vitamine B12 et l’acide folique sont essentiels à la formation des globules rouges. Une carence peut provoquer une anémie (anémie), ce qui renforce l’anémie fréquente due à la thérapie – les conséquences sont la fatigue, la faiblesse et les troubles de la concentration.

Tout aussi important : B12 et le folate sont nécessaires à une synthèse d’ADN et une division cellulaire fonctionnelles ; de faibles taux peuvent contribuer à une instabilité génétique.

La vitamine B1 et B6 sont essentielles pour les nerfs : une carence en thiamine peut par exemple entraîner des neuropathies périphériques (troubles nerveux dans les jambes/mains). Il est intéressant de noter que l’un des effets secondaires redoutés de certaines chimiothérapies (par exemple, avec des taxanes ou des préparations à base de platine) est également une polyneuropathie. On discute ici de la question de savoir si la supplémentation en vitamines B (en particulier B1, B6, B12) pourrait avoir un effet protecteur.

Certaines études montrent que l’administration de vitamine E et de B12 peut réduire la gravité des chémoneuropathies, tandis que d’autres résultats sont incohérents. Dans tous les cas, il convient de veiller à un apport suffisant de ces vitamines afin de prévenir ou d’atténuer les lésions nerveuses.

La vitamine B6 (pyridoxine) est souvent administrée à titre prophylactique en oncologie, par exemple pour atténuer le syndrome main-pied sous certaines chimiothérapies (comme le 5-FU ou la capécitabine).

La vitamine B1 pourrait contribuer à atténuer les neurotoxicités liées à la chimiothérapie, comme le suggèrent des rapports de cas. La niacine (B3) et la riboflavine (B2) jouent un rôle pour la fonction de la peau et des muqueuses – là aussi, il faut éviter les déficits afin de ne pas aggraver les inflammations des muqueuses, par exemple.

 

En résumé : Les vitamines B ne sont certes pas des « tueurs de cancer » directs, mais elles permettent au corps de mieux supporter la thérapie. Elles aident à lutter contre la fatigue (fatigue chronique) – une carence en B peut rendre fatigué et léthargique – et soutiennent les nerfs, la formation du sang et les muqueuses.

En règle générale, les vitamines B sont administrées dans le cadre de préparations de reconstruction ou de perfusions multivitaminées, souvent combinées, car elles agissent en synergie. Une supplémentation doit être effectuée en fonction des besoins individuels (par exemple, mesurer le taux de vitamine B12, en particulier en cas d’alimentation végétarienne/végane ou de troubles de la résorption).

Les surdosages extrêmes sont à éviter, car par exemple des doses très élevées de B6 et de B12 ont été associées dans des cas isolés à un risque accru de cancer du poumon chez les fumeurs. En quantités normales, les vitamines B sont toutefois sûres et constituent un élément important du soutien orthomoléculaire.

 

  • Curcumine et substances végétales secondaires

La curcumine est le principe actif jaune de la racine de curcuma (curcuma) et fait partie des substances végétales secondaires, plus précisément des polyphénols. Elle est connue pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes.

Dans la recherche sur le cancer, la curcumine est considérée comme un candidat prometteur, car elle a montré divers effets antitumoraux dans des expériences in vitro et sur des animaux. Ainsi, la curcumine a pu tuer des cellules cancéreuses ou stopper leur croissance dans des études de culture cellulaire et influencer les voies de signalisation impliquées dans la croissance tumorale et la métastase.

Dans des modèles murins, il a été observé que la curcumine peut augmenter l’efficacité de certaines chimiothérapies et protéger les cellules saines contre les dommages causés par les radiations. Ces résultats suscitent l’espoir de pouvoir utiliser la curcumine comme complément dans le traitement du cancer, par exemple pour renforcer l’effet des chimio-immunothérapies ou pour réduire les processus inflammatoires dans le tissu tumoral.

Cependant, les études cliniques sur l’homme sont encore à un stade précoce. Bien que plusieurs études cliniques soient en cours (en partie avec des capsules de curcumine chez des patients atteints d’un cancer de l’intestin, d’un cancer du pancréas, etc.), il n’existe pas encore de résultats clairs.

Par conséquent, le consensus actuel est le suivant : La curcumine ne peut actuellement pas être recommandée comme médicament anticancéreux autonome. Néanmoins, de nombreux experts parlent d’un potentiel élevé, notamment parce que la curcumine est relativement bien tolérée.

Certains oncologues l’utilisent comme mesure complémentaire, surtout en cas de cancer de l’intestin (car elle peut agir localement dans l’intestin) ou pour inhiber l’inflammation en cas de dermatites liées à la radiothérapie.

Outre la curcumine, il existe une série d’autres substances végétales secondaires ayant un effet potentiellement pertinent en oncologie : le resvératrol (issu du raisin rouge), l’EGCG (extrait de thé vert), le sulforaphane (extrait de brocoli) ou la quercétine (issue des oignons/pommes) en sont des exemples.

Beaucoup d’entre eux agissent comme antioxydants et modulent les voies de signalisation importantes pour les cellules cancéreuses. L’artémisinine (extrait d’armoise) et les cannabinoïdes (par exemple, le CBD) sont également étudiés et parfois déjà utilisés, par exemple pour soulager les effets secondaires tels que les nausées.

 

Important pour tous ces produits phytothérapeutiques : Il faut connaître leurs interactions avec les thérapies classiques. La curcumine, par exemple, ne doit pas être administrée en même temps que certains agents chimiothérapeutiques tels que les taxanes, car elle pourrait influencer leurs voies de dégradation.

De même, les extraits de thé vert ne doivent pas être pris en même temps que le bortézomib (un médicament contre le myélome), car ils peuvent annuler son effet – cela a été découvert dans des expériences cellulaires. Le millepertuis (même s’il ne s’agit pas d’un « micronutriment », mais d’une substance végétale) peut influencer les enzymes hépatiques de telle sorte que les médicaments de chimiothérapie sont dégradés plus rapidement.

Par conséquent, la règle est la suivante : N’utilisez les substances végétales secondaires qu’après avoir consulté un médecin ! S’ils sont correctement sélectionnés et dosés, ils peuvent toutefois avoir un effet anti-inflammatoire, soutenir le système immunitaire et soulager les troubles sans perturber la thérapie conventionnelle.

La curcumine elle-même est souvent utilisée comme accompagnement anti-inflammatoire – par exemple, certains patients signalent moins de douleurs articulaires ou une meilleure digestion grâce aux préparations de curcuma.

La biodisponibilité orale de la curcumine est toutefois faible, c’est pourquoi il existe des formulations spéciales (avec de l’extrait de poivre, des liposomes, etc.) pour augmenter l’absorption. En résumé, la curcumine et ses dérivés sont un domaine passionnant de la thérapie complémentaire du cancer, qui continue à faire l’objet de recherches intensives. En cas d’utilisation correcte, ils peuvent enrichir le concept thérapeutique global – mais ils ne sont pas une panacée et ne remplacent pas les thérapies oncologiques éprouvées.

 

Soulagement des effets secondaires grâce à la thérapie orthomoléculaire

L’un des principaux objectifs de l’oncologie complémentaire est de réduire les effets secondaires de la thérapie et d’améliorer la qualité de vie. Bon nombre des micronutriments susmentionnés sont utilisés spécifiquement à cette fin. Voici quelques exemples importants de la manière dont le soutien orthomoléculaire peut aider à lutter contre les effets secondaires typiques :

  • Fatigue (épuisement lié à la tumeur) : La fatigue et la lassitude liées au cancer sont parmi les troubles les plus fréquents des patients sous chimio- ou radiothérapie. Le fer (en cas d’anémie), la vitamine D (en cas de carence), la B12/l’acide folique et aussi la L-carnitine peuvent être utiles ici.
    La L-carnitine n’est certes pas une vitamine, mais un nutriment apparenté aux vitamines, nécessaire à la production d’énergie dans les mitochondries. Des études menées sur des patients atteints de cancer – notamment dans le domaine des tumeurs gynécologiques – montrent que l’administration de L-carnitine peut améliorer la fatigue. De même, la vitamine C à haute dose est utilisée avec succès par voie intraveineuse dans certains concepts contre la fatigue.
    Il est important d’exclure au préalable d’autres causes (par exemple, une hypothyroïdie, une anémie grave) et d’adapter les mesures individuellement.

 

  • Sensibilité aux infections : La chimiothérapie entraîne souvent une leucopénie (manque de globules blancs) et un affaiblissement de la défense contre les infections. Le zinc et le sélénium jouent ici un rôle clé. La supplémentation en sélénium a permis de réduire le taux d’infections graves et de neutropénies fébriles dans des études.
    Le zinc favorise la formation et la maturation des cellules immunitaires – un bon statut en zinc peut aider à prévenir ou à atténuer les infections des voies respiratoires et urinaires.
    De même, la vitamine C raccourcit légèrement la durée des rhumes en cas de sensibilité aux infections et la vitamine D réduit de manière prouvée le risque d’infections des voies respiratoires, ce qui aide indirectement aussi les patients atteints de cancer, par exemple pour éviter de contracter des infections retardant le traitement pendant une chimiothérapie.
    Dans certains cas, une substitution d’immunoglobulines est également envisagée, mais cela n’appartient pas à la médecine orthomoléculaire au sens strict, mais à la médecine conventionnelle.

 

  • Mucosites (inflammations des muqueuses) : Tant la chimio que la radiothérapie (surtout dans la région de la tête et du cou) provoquent souvent des inflammations douloureuses de la muqueuse buccale et intestinale.
    Différents nutriments se sont avérés utiles ici. La glutamine, un acide aminé, peut favoriser la guérison de la muqueuse buccale lorsqu’elle est administrée par voie orale. Les pastilles de zinc montrent un bénéfice dans certaines études pour la prévention de la mucosite orale. Très intéressant : une carence en vitamine D favorise l’apparition de mucosites et de troubles du goût sous chimiothérapie, comme l’a rapporté une étude.
    Un bon taux de vitamine D pourrait donc rendre les muqueuses plus résistantes. Le sélénium a également été associé à une mucosite moins forte – peut-être en raison de son effet antioxydant de protection cellulaire.
    Enfin, la vitamine B12 aide à la régénération de la muqueuse buccale ; en cas de stomatite aphteuse (une sorte d’inflammation de la muqueuse buccale), une carence en B12 est souvent coresponsable.
    Pour soulager la mucosite aiguë, les bains de bouche frais avec du thé (sauge, camomille), du miel (le miel de manuka médical peut réduire les inflammations) et du jus d’aloe vera ont également fait leurs preuves – il s’agit toutefois davantage d’approches phytothérapeutiques.

 

  • Neuropathie (lésions nerveuses) : Certaines chimiothérapies (par exemple, l’oxaliplatine, la vincristine, les taxanes) entraînent des picotements, des engourdissements ou des douleurs dans les mains et les pieds.
    En orthomoléculaire, on essaie ici de contrer avec de la vitamine E, de la vitamine B1/B6/B12 et en partie de l’acide alpha-lipoïque. Une vue d’ensemble systématique a trouvé des indices que la vitamine E à haute dose peut réduire la fréquence des polyneuropathies graves.
    Les vitamines B ont déjà été mentionnées – elles nourrissent les nerfs périphériques. L’acide alpha-lipoïque (un antioxydant) est connu dans le traitement du diabète contre les troubles neuropathiques et est testé occasionnellement aussi en cas de chémoneuropathie.
    Les résultats sont mitigés, mais valent la peine d’être essayés, à condition d’être approuvés par le médecin. Une bonne thérapie de la douleur et une physiothérapie sont également importantes en cas de lésions nerveuses existantes – les moyens orthomoléculaires peuvent soutenir, mais ne peuvent pas apporter de solution à eux seuls dans les cas graves.

 

  • Nausées et perte d’appétit : Ici, outre la médication classique (antiémétiques), on utilise souvent de la vitamine B6 et de l’extrait de gingembre. La vitamine B6 à des doses d’environ 50-100 mg/jour peut légèrement soulager les nausées liées à la chimiothérapie et est également administrée aux femmes enceintes en cas de nausées.
    Le gingembre est un moyen phytothérapeutique dont l’efficacité contre les nausées a été prouvée dans des études.
    Il n’appartient certes pas aux micronutriments, mais il convient de le mentionner, car les préparations de gingembre sont souvent contenues dans des concepts intégrateurs (par exemple, des capsules de gingembre avant la chimiothérapie).
    Le zinc soutient le sens du goût – les patients souffrant de perte de goût et de manque d’appétit profitent éventuellement de l’administration de zinc, car la nourriture a de nouveau meilleur goût.

 

En résumé, on peut dire : De nombreux effets secondaires d’une thérapie anticancéreuse peuvent être atténués par un traitement d’accompagnement orthomoléculaire ciblé.

Cela ne signifie pas qu’ils disparaissent complètement – mais souvent, la tolérance de la chimio- ou radiothérapie est nettement augmentée, ce qui contribue à son tour à ce que les patients puissent respecter les cycles de thérapie prévus et que les réductions de dose soient moins souvent nécessaires.

Ainsi, la thérapie de soutien avec des micronutriments apporte une contribution indirecte au succès de la thérapie, car elle permet au patient de suivre le traitement principal plus vigoureusement et avec moins d’interruptions.

 

Supplémentation assistée par laboratoire : thérapie nutritionnelle sur mesure

Chaque personne est différente – et les besoins en micronutriments des patients atteints de cancer se distinguent donc individuellement. Un principe central de la médecine orthomoléculaire est donc la supplémentation assistée par laboratoire.

Avant d’avaler aveuglément des pilules de vitamines, il faudrait mesurer ce qui est réellement nécessaire. Les analyses de sang peuvent donner des informations sur, par exemple, le taux de vitamine D, la concentration de sélénium ou de zinc dans le sang total, le taux de B12, l’acide folique, la ferritine (fer) et d’autres paramètres.

Sur la base de ces valeurs de laboratoire, il est alors possible de supplémenter de manière ciblée et personnalisée. Cela permet d’éviter de procéder à des surdosages inutiles, voire nuisibles, et de renforcer les nutriments pour lesquels il existe réellement un déficit ou un besoin accru.

Un exemple : la vitamine D. Ici, il faudrait déterminer la valeur 25(OH)D dans le sérum avant la supplémentation à haute dose. S’il est fortement diminué, une dose de charge initiale peut être administrée, suivie d’une dose d’entretien – jusqu’à ce que la valeur se situe dans la plage cible.

Ensuite, une dose plus faible suffit souvent pour le maintien. Pour le sélénium, le taux (par exemple, le sélénium dans le sang total) peut être mesuré ; l’interprétation est toutefois complexe, car les plages de référence varient.

En Allemagne, une carence en sélénium est relativement fréquente, car les sols sont pauvres en sélénium. Ici, une substitution modérée (par exemple, 100-200 µg de sélénite de sodium par jour) peut être judicieuse, mais idéalement contrôlée par laboratoire après quelques semaines, afin de ne pas tomber dans une plage de surdosage potentiellement malsaine.

Le diagnostic de laboratoire est également important pour vérifier le succès de la supplémentation. Si, par exemple, un patient atteint de cancer sous chimiothérapie souffre d’une forte carence en magnésium (par exemple, à cause de médicaments contenant du platine qui excrètent davantage de magnésium par voie rénale), alors on apportera du magnésium et on contrôlera ensuite si les valeurs sont à nouveau normales.

De même pour le zinc : une carence initiale devrait être corrigée après quelques mois de supplémentation – si ce n’est pas le cas, il faut adapter la dose ou la forme (ou vérifier la compliance).

Grâce à cette approche individuelle et basée sur les données, la médecine orthomoléculaire devient une thérapie complémentaire personnalisée sérieuse.

La directive S3 « Médecine complémentaire en oncologie » souligne que les mesures complémentaires doivent être utilisées de manière compétente et axée sur le patient – l’administration forfaitaire de vitamines sans indication n’est pas judicieuse.

Si toutefois il existe une carence claire ou si certains facteurs de risque sont présents, l’apport orthomoléculaire sur la base de valeurs de laboratoire est aujourd’hui un élément reconnu de nombreux centres oncologiques.

Il est important que des spécialistes (oncologues, nutritionnistes) soient impliqués dans la planification et interprètent correctement les résultats de laboratoire.

 

Sécurité, approche intégrative et bien-être du patient

Pour conclure, un point important : la sécurité et les limites de la thérapie orthomoléculaire. Bien que les vitamines et les minéraux soient en vente libre, cela ne signifie pas que « beaucoup aide beaucoup ».

Au contraire, des dosages excessifs de certaines vitamines peuvent être contre-productifs, voire nuisibles (par exemple, la vitamine A ou E à des doses très élevées peuvent même avoir un effet cancérigène, comme le suggèrent des études).

La devise devrait donc être la suivante : autant que nécessaire, aussi peu que possible. La médecine orthomoléculaire veut compenser les carences et atteindre des taux optimaux (pas suprathérapeutiques).

L’art consiste à maintenir l’équilibre – entre un état nutritif dans lequel le système immunitaire et le corps fonctionnent idéalement, et une suralimentation qui n’apporte aucun avantage supplémentaire.

Il est très important de se démarquer de la « médecine alternative » : la thérapie orthomoléculaire complémentaire ne remplace jamais un traitement anticancéreux efficace.

Les patients ne devraient pas commettre l’erreur d’utiliser à leur propre initiative des suppléments à haute dose comme cure alternative et de refuser par exemple une chimiothérapie. De telles décisions peuvent mettre la vie en danger.

Intégratif signifie plutôt travailler main dans la main avec la médecine conventionnelle. Par exemple, une tumeur peut être traitée par opération, chimio ou immunothérapie (c’est le pilier principal de la thérapie), en accompagnement, le patient reçoit un soutien orthomoléculaire pour réduire les effets secondaires et maintenir ses propres défenses fortes.

La limite de la médecine complémentaire réside clairement dans le fait qu’elle ne peut pas et ne veut pas remplacer la thérapie oncologique standard. Au lieu de cela, les deux approches sont utilisées en parallèle pour réunir le meilleur de deux mondes – le contrôle tumoral basé sur des preuves et le soutien holistique du patient.

 

Il convient de souligner l’avantage centré sur le patient : De nombreuses personnes concernées rapportent que, grâce à des mesures complémentaires, elles ont le sentiment de pouvoir contribuer activement, au lieu d’être passivement livrées à la maladie et au traitement. Cet effet psychologique ne doit pas être sous-estimé.

La thérapie orthomoléculaire donne aux patients un rôle actif – que ce soit par une alimentation consciente, la prise de suppléments ou des contrôles de laboratoire réguliers qui montrent les progrès.

Des études prouvent que de telles approches peuvent améliorer la qualité de vie. Moins de nausées, moins de fatigue, un système immunitaire plus stable signifient : les gens peuvent mieux gérer leur quotidien, ont plus d’énergie pour les activités sociales et se sentent globalement mieux malgré le diagnostic de cancer.

Bien sûr, des recherches supplémentaires sont encore nécessaires. Tout le monde dans la médecine conventionnelle n’est pas totalement convaincu par la médecine orthomoléculaire, ce qui est également dû à des résultats d’études parfois contradictoires.

Mais la tendance va clairement vers l’oncologie intégrative : des centres anticancéreux renommés proposent désormais des conseils sur l’alimentation et les micronutriments, et il y a de plus en plus d’études cliniques qui examinent systématiquement l’utilisation de vitamines & Co.

Tant que de nouvelles connaissances sont acquises, il faudrait procéder de manière pragmatique – utiliser ce qui s’est avéré utile et toujours garder la sécurité à l’esprit.

Conclusion

Le soutien orthomoléculaire du système immunitaire peut apporter une contribution importante dans le traitement du cancer. Un système immunitaire fort aide le corps à combattre le cancer et à mieux supporter les thérapies.

Les micronutriments tels que le sélénium, la vitamine D, la vitamine C, le zinc, les vitamines B, la curcumine et d’autres substances végétales secondaires ont chacun montré des avantages spécifiques – de la réduction des effets secondaires à l’amélioration du pronostic.

Un approche thérapeutique intégrative est toutefois décisive : la médecine orthomoléculaire appartient aux mains de thérapeutes expérimentés qui travaillent en étroite collaboration avec des oncologues. Ensemble, il est ainsi possible de développer un concept individuel qui complète judicieusement la thérapie anticancéreuse conventionnelle.

Pour les patientes et les patients, cela signifie dans le meilleur des cas une meilleure qualité de vie, moins de troubles et une participation active au processus de guérison – sans compromettre la sécurité de la thérapie anticancéreuse éprouvée.

 

La formule est donc la suivante : La médecine conventionnelle plus la médecine complémentaire donnent les meilleurs soins. Ou, selon les mots d’un expert : « Les thérapies clinico-oncologiques et complémentaires côte à côte sont la meilleure approche thérapeutique issue de deux mondes d’expérience ».

Sources : Les affirmations faites dans l’article sont étayées par la littérature scientifique actuelle et des études cliniques.

Des preuves importantes proviennent entre autres de la directive S3 Médecine complémentaire en oncologie, de publications de sociétés spécialisées ainsi que de travaux de recherche sur des micronutriments individuels (par exemple, les effets du sélénium , de la vitamine D et de la vitamine C chez les patients atteints de cancer).

Toutes les sources citées sont marquées dans le texte par des références en exposant – elles prouvent les faits et offrent aux lecteurs intéressés la possibilité d’approfondir le sujet.

En fin de compte, cet article doit montrer que la médecine orthomoléculaire n’est pas un tour de passe-passe, mais, en cas d’utilisation correcte, un pilier complémentaire et fondé du traitement du cancer – pour le bien du système immunitaire et de l’ensemble de l’être humain.